Accueil > Toulel > Les défis du collège-lycée de Toulel

Visiteurs

2 connectés!

3683577 au total!

6438129 pages vues!

Publicité

Bas de page

Les défis du collège-lycée de Toulel

Le village de Toulel est, administrativement, situé dans la région du Gorgol, soit à une centaine de kilomètres de Kaédi. Il fait parti du département de Maghama, village situé à une vingtaine de kilomètres. Toulel, fondé en 1900 selon ses habitants, est entouré des villages de : Nouma, Wali, Arr, Sagné.

Il y a sept ans, de fait, les toulelois ont inauguré, avec le concours et la participation du ministère de l'éducation nationale, un collège dont l'objectif principal est de permettre aux élèves du village de faire leurs études secondaires sur place, au lieu d'aller jusqu'à Maghama ou Nouakchott. Deux ou trois ans après cette inauguration, si nous avons bonne mémoire, il fut décidé d'ouvrir deux ou trois salles pour les classes de seconde et de première.

Lors de notre séjour à Toulel, du 22 janvier au 17 mars 2008, nous avons eu l'occasion de discuter avec le directeur du collège-lycée, les enseignants, toutes disciplines confondues, et les élèves. Au terme de ces discussions, tout le monde était d'avis que, depuis la création de ce collège-lycée, les défis, de nature inquiétante, n'ont jamais cessé d'augmenter.

Parmi ces défis, nous allons citer ici principalement :

  • La baisse du niveau des élèves dans toutes les matières;
  • Le manque des livres correspondant aux réels besoins des élèves et des enseignants;
  • La nouvelle réforme du système éducatif. Aujourd'hui, dans les collèges et lycées mauritaniens certaines disciplines comme l'histoire, la géographie et la philosophie sont enseignées en langue arabe. Or les élèves ont beaucoup de difficulté de compréhension dans ce domaine. Un élève de la seconde (4ème année) m'a confié :"nous ne comprenons rien à nos cours d'histoire géographie". Ce constat, hélas, est général, et tous les élèves concernés par cette réforme vous diront la même chose.
  • L'immigration. La société Soninké en général et touleloise en particulier étant dominée par le "mythe de l'ailleurs", comme je l'ai écrit dans un article précédent paru sur le site de Cridem, tous les jeunes et les moins jeunes du village ne cherchent qu'à aller tenter leur chance à l'étranger, en France ou en Espagne particulièrement.
    Pour les élèves du collège-lycée de Toulel, l'école n'est qu'un passe temps, en attendant d'avoir le moyen d'émigrer. Ceci a été confirmé par Ciré Amadou Dia, professeur de français dans ce collège-lycée qui, lors d'une discussion que j'ai eue avec lui, m'a affirmé :"il serait nécessaire de souligner le désintéressement de beaucoup d'élèves pour les études. Pour eux, l'école n'est qu'un passe temps en attendant d'aller en France ou ailleurs".
  • L'abandon des jeunes filles de l'école. Cet abandon est, dans la plupart des cas, décidé et encouragé par les parents eux-mêmes. Dès que la jeune fille trouve un mari, ses parents n'hésiteront pas une seconde, si le moment était venu, de programmer son mariage en plein année scolaire. Et la fille, une fois mariée, et ne trouvant aucun soutien dans son entourage immédiat ou lointain, est comme condamnée à abandonner ses études.
  • Pour relever ces défis qui, il est vrai, menacent l'avenir du collège-lycée de Toulel, tous les ressortissants de ce village doivent, avec le soutien des autorités administratives, prendre un temps de réflexion afin d'analyser, de façon objective, tous les problèmes auxquels enseignants et élèves sont confrontés. Il y va surtout de l'intérêt des habitants de Toulel de s'engager dans la "bataille", qui s'annonce peut-être longue et dure, afin de permettre à leur collège-lycée et, surtout, à leurs enfants, d'entrer dans le monde "moderne".

Informations sur l'article

Créé le :03/03/10
Auteur :Soumare Zakaria Demba
Visualisations :74713
Haut de page
Ajoutez un commentaire




Copyright Abdoulaye 2010, tous droits reservés.