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Mes quatre vérités

Le Consulat de la République Islamique de Mauritanie a entamé une campagne de recensement en vue des élections municipales qui auront lieux dans quelques mois. Sous peu, il doit également débuter un autre recensement administratif à vocation d’état civil. Les objectifs non avoués de ces deux recensements sont, pour tout observateur attentif, on ne peut plus clairs : l’exclusion d’une grande partie de la population mauritanienne, principalement des Noirs. J’ai été moi –même, ce matin, au Consulat pour « essayer de m’inscrire » sinon de me faire recenser. Voilà ce que l’on m’a dit : Ne peuvent être inscrits ou recensés les Mauritaniennes et les Mauritaniens vivant en France ne possédant pas un titre de séjour ainsi que celles/ceux possédant la nationalité française (les franco-mauritaniens). Or entrent dans la catégorie «  ne possédant pas le titre de séjour » non seulement celles/ceux qui ont la double nationalité, mais aussi et surtout celles/ceux que l’on nomme sous l’euphémisme de « sans papiers » qui se retrouvent finalement : ni Français ni Mauritaniens.

A long terme, il est vrai, le gouvernement mauritanien envisage purement et simplement la contestation sinon la déchéance de la nationalité des milliers de citoyennes et citoyens de ce pays. Il est de toute évidence que le président Aziz est en train d’engager le pays dans un chantier périlleux dont il n’a pas conscience de toutes les implications.

Depuis quelques jours, une mobilisation est en cours à l’intérieur et à l’extérieur de la Mauritanie pour dire non à une politique discriminatoire et raciste. Cette mobilisation doit davantage s’intensifier et s’organiser pour s’opposer avec force détermination à la ségrégation raciale, à la politique communautariste du président Aziz et ses conseillers plus préoccupés de leurs intérêts que de ceux du peuple.

L’Etat mauritanien, sciemment ou inconsciemment, engage le pays dans une voie où toutes les conditions d’une explosion sociale sont mises en place. Pour éviter ce qui est arrivé à d’autres pays (Côte d’Ivoire, Rwanda…), qui avaient eu la très mauvaise idée d’attiser sinon de mettre en place des politiques raciales discriminatoires aux conséquences lourdes et désastreuses, les Mauritaniennes et les Mauritaniens de toutes tendances confondues doivent unir leurs forces, descendre dans la rue pour dire non : à la discrimination, au racisme et à l’injustice. Il ne sert à rien aujourd’hui d’aller « au combat » en ordre dispersé. A l’intérieur comme à l’extérieur du pays, il y a des gens, toutes races et toutes classes sociales et /ou politiques confondues, révoltés contre ce qui se passe en ce moment en Mauritanie, qui n’approuvent pas les démarches racistes et raciales discriminatoires adoptées par le gouvernement en place à Nouakchott ; qui ont mal au cœur à cause de l’image que l’on est en train de donner à leur pays à l’intérieur et à l’extérieur. Eh bien toutes ces gens devraient se mobiliser et dire : nous n’acceptons et n’accepterons jamais ce qui se passe en ce moment dans ce pays aux cultures et aux valeurs multiples.

Informations sur l'article

Créé le :22/08/11
Auteur :Soumare Zakaria Demba
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